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Publié par XEA 12

Kibboutz

 

 

 

 

Juan Branco

 

@anatolium

·

Oct 12, 2023

 

 

Replying to

@anatolium

Qui rappellera que dans les kiboutz d’à côté, gloire d’hier, on proposait des visites guidées en voiturette de golf, autour de ce mur érigé pour enfermer ?

 

Alors, on criera aux orfraies. Comment, vous légitimeriez ? L’horreur ? Non. On la conchie. Comme d’autres l’enfouissent. On dénonce l’horreur oui, ces corps massacrés, terrorisés, ces inconscients rappelés à la cruauté.

 

On pourrait à l’infini continuer, car oui, comme nous tous, et plus encore que beaucoup peut-être, nous avons à tout cela pensé, foulant ces terres et lisant à leur sujet, de l’histoire à la poésie. Rappeler que tout cela n’est pas le fait de juifs, que l’Egypte, en enfermant les palestiniens, contribue à la dévastation d’un peuple expulsé, maltraité et colonisé.

 

Que ces mêmes juifs ont de partout été écartés, avant de se voir en ces lieux projetés, et devenir les parents des violences qui les avaient éparpillés.

 

Qu’il ne s’agit en conséquence pas de religion ou d’identité mais de terre, simplement de terre, et de politicité.

 

Qu’il ne s’agit donc pas plus d’Islam, et qu’il ne faut en ces terres rien projeter. Car les fondamentalismes qui y habitent légifèrent également, des orthodoxes juifs jusqu’aux plus pieux des frères musulmans, des mondes à mille lieux des nôtres sans que l’on puisse, sans que l’on ne doive, aux uns ou aux autres se rattacher.

 

On pourrait continuer, prolonger. Mais à force de commenter l’écume, l’on se noie. Il n’y a rien à penser, si ce n’est que demain, on les oubliera.

 

Puis ça nous reviendra.

 

Car nous ne sommes pas là. Car ce ne sont pas nos terres, nos corps. Nos pensées.

 

Car l’on pourra penser autant que l’on voudra aux enfants de Gaza, à qui nous rendîmes hommage à Dakar, alors que le monde auquel ils n’avaient plus accès les obliterait.

 

Se dire qu’au moins, dans ces marées de sang, ils se verront rappelés à ce monde qui les avait effacés.

 

Écarter tout vindicatif et rappeler que cela n’écartera pas de nos mémoires ceux qui de toute identité se sont vus massacrer. Mais voilà qu’une nouvelle fois nous nous retrouverons, consciemment ou inconsciemment, à hiérarchiser selon nos sensibilités.

 

À se montrer inconséquents, et à alimenter la machine à dire et à juger.

 

La vérité est que nous assistons en spectateurs à une dégénérescence sur laquelle nous ne pouvons peser, si ce n’est par l’énonciation de savoirs et de regards partiels et toujours plus segmentés.

 

Faut-il veiller, avec pudeur, à nous tenir, faute de moyens d’agir, écartés ? Plutôt que rugir et s’indigner ?

 

Ce serait peut-être la posture la plus digne à adopter alors que partout ailleurs tant de misères continuent de nous indifférer.

 

Les afghans ont perdu 2500 des leurs dans le silence que ce conflit engendrait, sans que personne ne se préoccupe de leur transmettre moyens de secours ou simplement pensées, en des terres que nos indignations et nos idées auront pourtant, ces quarante dernières années, ravagées.

 

Apprenons de leurs sorts. Nos mémoires sont pleines d’indignations oubliées, qui autant de cadavres ont enfanté. Ce que nous écrivons aujourd’hui pour nous rassurer et nous retrouver n’aura probablement que pour effet que de heurter et blesser les terres et sujets que nous nous serons choisis.

 

Préférons l’humilité et la proximité, qui tant de difficultés déjà nous présentent.

 

 

 

 

 

 

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